Un compte à rebours légal s'est enclenché pour Arkane Lyon, et avec lui pour Marvel's Blade. Entre la fermeture totale du studio qui serait envisagée par Microsoft et l'échéance du 13 novembre, le sort du jeu oscille entre plusieurs issues, aucune n'étant pour l'instant tranchée officiellement.
Un calendrier serré imposé par la loi
Selon les informations qui circulent, les salariés d'Arkane Lyon auraient été informés le 16 juillet 2026 d'un projet de cessation totale et définitive d'activité du studio. Un accord signé le 24 juillet entre la direction d'Arkane Studios et les syndicats décrirait ce même projet, assorti d'un licenciement économique de l'ensemble des salariés et d'un plan de sauvegarde de l'emploi. Au total, 217 postes seraient menacés.
Rien de tout cela n'a été confirmé officiellement par Microsoft en ces termes, mais une contrainte légale, elle, est bien réelle : la loi Florange impose à l'éditeur une recherche de repreneur pendant trois mois avant toute fermeture effective. Ce délai fixerait l'échéance au 13 novembre 2026, date à partir de laquelle Microsoft devrait avoir arrêté sa décision, qu'elle aboutisse à un repreneur ou non.
Un jeu dit presque terminé
Ce qui rend ce dossier particulièrement tendu, c'est l'état d'avancement du jeu au centre de la tourmente. D'après des membres du syndicat Printemps Écologique, qui représente les salariés d'Arkane, Marvel's Blade serait quasiment terminé. Un projet arrivé à ce stade et menacé d'être abandonné, ça n'arrive pas tous les jours, et ça explique l'émoi que suscite cette affaire bien au-delà du studio lyonnais.
La position officielle de Microsoft
De son côté, Microsoft a officiellement déclaré chercher activement un partenaire pour soutenir la prochaine phase de développement et permettre la commercialisation du projet Blade. C'est, à ce stade, la seule indication concrète venant de l'éditeur sur la suite qu'il envisage pour le jeu, sans autre précision sur l'identité d'un éventuel partenaire ni sur un calendrier de sortie.
Quels scénarios sur la table
Dans ce flou, plusieurs issues sont évoquées par la presse, sans qu'aucune ne soit confirmée par Microsoft. La première, directement suggérée par la communication de l'éditeur, serait l'arrivée d'un partenaire ou d'un repreneur capable de reprendre la suite du développement et la commercialisation du titre : c'est, en creux, ce que Microsoft dit chercher.
D'autres pistes circulent également, comme un hypothétique transfert du projet vers une autre équipe, interne ou externe à Microsoft, qui prendrait le relais sur un jeu déjà très avancé. Aucune source officielle n'a confirmé une telle option à ce jour, et je me garderai bien de citer un nom de studio qui n'aurait pas été évoqué par l'éditeur lui-même.
Enfin, le scénario le plus sombre, celui d'une annulation pure et simple de Marvel's Blade malgré son état d'avancement, est aussi évoqué dans la presse si aucun repreneur ni partenaire ne se manifeste avant le 13 novembre. Tant que Microsoft n'a pas tranché, je reste au conditionnel sur chacune de ces hypothèses : rien n'est acté, dans un sens comme dans l'autre.
Pourquoi Arkane pèse autant dans ce dossier
Si cette affaire fait autant de bruit, c'est aussi parce qu'Arkane Lyon n'est pas un studio anonyme. C'est l'équipe à l'origine de Dishonored et de Deathloop, deux séries qui ont marqué le jeu vidéo d'auteur de la dernière décennie par leur direction artistique et leur approche du level design. Perdre ce savoir-faire, même partiellement, serait un signal fort pour toute une partie de l'industrie qui regarde ce dossier de près.



