Le 9 octobre, SEGA a dévoilé le contenu de la deuxième année de Sonic Racing: CrossWorlds, et la vraie surprise n'est pas Godzilla ni Evangelion : c'est Final Fantasy VII, l'une des licences les plus précieuses de Square Enix, qui débarque en DLC payant chez un concurrent direct. Ce n'est pas un hasard de calendrier, c'est une manoeuvre commerciale assumée.
Un pack Final Fantasy VII chez SEGA
Lors du livestream des Sonic Racing CrossWorlds World Championships, SEGA a confirmé que le Season Pass Two (29,99 dollars) ouvrira le 3 novembre 2026 avec un pack Godzilla, suivi d'Evangelion en janvier 2027, puis d'un pack Final Fantasy VII (nom de travail « Midgar Pack ») au troisième trimestre 2027, et enfin de Persona 3, 4 et 5 Reload Revival Royal au quatrième trimestre. Un calendrier dense, qui empile les licences japonaises les plus reconnaissables du marché sur une seule année de contenu.
Le teaser diffusé montre l'épée Buster de Cloud, fortement mise en avant, mais SEGA n'a pour l'instant communiqué aucune liste officielle des personnages jouables du pack. Tifa et Aerith, souvent citées dans les premières réactions, ne sont à ce stade pas nommément confirmées. Un flou qui, en soi, en dit déjà long sur la manière dont ce genre d'annonce se construit : on montre l'icône (l'épée), on laisse le reste se diffuser tout seul.
Un deuxième prêt de licence après Street Fighter 6
Ce n'est pas la première fois que Square Enix exporte Final Fantasy VII hors de ses propres jeux. Tifa Lockhart avait déjà rejoint Street Fighter 6 en 2026 comme personnage invité, chez Capcom cette fois. Le schéma se répète donc avec SEGA : plutôt que de garder ses héros exclusivement chez elle, Square Enix les prête, licence payante à la clé, à des studios tiers pour des crossovers événementiels.
Naoki Hamaguchi, directeur de Final Fantasy VII Remake, a d'ailleurs assumé la logique sur X : selon lui, ces collaborations avec Sonic Racing: CrossWorlds et, avant elle, Street Fighter 6, visent à « célébrer le lancement de Final Fantasy VII Revelation » et à élargir l'audience de la licence au-delà de son public habituel.
Louer la licence plutôt que la garder sous cloche
C'est là que l'affaire dépasse le simple contenu de karting. Une licence comme Final Fantasy VII est historiquement un actif que Square Enix protège et exploite en interne : remakes, spin-offs, merchandising maison. La voir débarquer en DLC payant dans le jeu de karting rival de SEGA, aux côtés de licences aussi disparates que Godzilla ou Hello Kitty/Sanrio, marque un changement de logique : on monétise la notoriété de Cloud et de sa bande en la louant ponctuellement à d'autres écosystèmes, plutôt qu'en la réservant à des productions estampillées Square Enix.
Un procédé déjà connu dans le jeu vidéo
Le principe n'a rien d'inédit en soi : des licences fortes apparaissent régulièrement en invitées dans des jeux d'autres studios, de Fortnite à Mario Kart en passant par Street Fighter. Ce qui frappe ici, c'est la densité et la rapidité de l'opération pour une seule licence (Street Fighter 6 puis Sonic Racing: CrossWorlds en quelques mois), sur un public de karting qui n'a a priori aucun rapport avec l'univers de Midgar.
Le vrai objectif : préparer Final Fantasy VII Revelation
Les propos de Hamaguchi pointent vers un horizon précis : Final Fantasy VII Revelation, un projet qu'il présente comme la finalité de cette campagne de visibilité croisée. Une date du 8 avril 2027 circule, relayée depuis son propre compte X, mais elle n'a pour l'instant pas été retrouvée dans un communiqué officiel distinct de Square Enix. Elle doit donc être prise avec prudence : rien n'a été confirmé officiellement sur ce point par l'éditeur.
Si ce calendrier se confirme, le pack Midgar de Sonic Racing: CrossWorlds, prévu au troisième trimestre 2027, tomberait quelques mois après la sortie supposée de Revelation, ce qui collerait avec une logique de relance plutôt que de simple teasing en amont. Mais à ce stade, c'est une hypothèse construite sur des déclarations non officielles, pas un fait acquis.



