La deuxième vague de la bêta de Modern Warfare 4 s'est refermée le 1er septembre, et avec elle une première : celle d'avoir laissé les joueurs mettre la main sur une mission de campagne solo avant la sortie du jeu. Une prise de risque qui, sur la base de cette seule mission, s'avère payante.
Une bêta qui a osé montrer la campagne
Après un accès anticipé réservé aux précommandes du 21 au 25 août, la bêta ouverte à tous s'est déroulée du 28 août au 1er septembre 2026. Rien d'inhabituel dans le principe, sauf que cette fois, Infinity Ward n'a pas seulement ouvert ses modes multijoueurs habituels. Le studio a glissé dans le lot une mission solo entière, « Entrenched », jouable sans coopération ni matchmaking, comme un vrai morceau de campagne détaché de son contexte.
C'est une manière de faire qui n'avait jamais été tentée sur la licence. Habituellement, la campagne reste le secret le mieux gardé jusqu'à la sortie, réservée à quelques previews encadrées. Là, n'importe quel joueur ayant accès à la bêta a pu se faire sa propre idée d'un pan entier du scénario, plusieurs semaines avant le lancement prévu le 23 octobre 2026 sur PS5, Xbox Series, PC et, fait notable, sur Nintendo Switch 2, la franchise renouant avec une console Nintendo pour la première fois depuis plus de dix ans.
Des tranchées qui s'effondrent
« Entrenched » plonge le joueur dans un front sud-coréen qui craque de partout, entre combats rapprochés, fusils à pompe et véhicules blindés qui viennent appuyer une ligne de défense qui ne tient plus. L'ambiance est nerveuse, sale, resserrée : on est loin des grands espaces spectaculaires d'autres missions de la série, et c'est justement ce parti pris qui fonctionne.
Une guerre moderne qui colle à l'actualité
Ce qui frappe le plus dans cette démo, c'est le soin apporté à la représentation du champ de bataille contemporain. La présence de drones jusque dans les tranchées, reliés par de véritables câbles de fibre optique visibles au sol, n'est pas un détail gratuit : elle montre qu'Infinity Ward a observé de près la manière dont les conflits actuels se mènent réellement, où l'aviation légère et la surveillance low-cost ont largement remplacé certains réflexes tactiques plus anciens.
Ce genre de choix a une vraie valeur pour un joueur qui aime comprendre pourquoi un système de jeu fonctionne. Ici, la guerre de drones n'est pas un gadget cosmétique posé sur une formule inchangée : elle influence la lecture du terrain, la manière dont on avance, dont on se met à couvert. On sent une volonté de faire évoluer la grammaire visuelle de la série sans pour autant sacrifier le sens du spectacle qui a toujours fait la marque de fabrique de Call of Duty.
Le ressenti des armes va dans le même sens : une approche plus réaliste, des gadgets nombreux et bien intégrés, qui rappellent volontiers l'identité qui avait fait le succès du reboot de Modern Warfare en 2019. Rien de révolutionnaire sur le papier, mais l'exécution, elle, impressionne.
Price et Ghost, l'ancienne fraternité en pièces
Le vrai coup de force de cette bêta ne se joue pourtant pas seulement dans le gunplay. D'après les éléments qui circulent autour de la campagne, celle-ci suivrait deux récits parallèles : celui de Park, jeune soldat sud-coréen tentant de survivre à une invasion nord-coréenne de grande ampleur avec son escouade, et celui du capitaine Price, devenu hors-la-loi après les événements de Modern Warfare III et menant désormais sa propre guerre clandestine contre ceux qu'il servait autrefois. Une dérive qui le mettrait en conflit direct avec Ghost.
Après trois épisodes ayant profondément marqué ces personnages, les voir évoluer dans des camps qui ne sont plus clairement alignés apporte une tension inédite à cette nouvelle trilogie. Price et Ghost ont longtemps incarné une fraternité de combat presque indéfectible dans l'imaginaire de la série. Les voir potentiellement s'opposer, avec des objectifs qui divergent plutôt qu'un simple malentendu de scénario, ouvre un espace narratif que peu de Call of Duty avaient jusqu'ici exploré aussi frontalement.
Une seule mission ne permet évidemment pas de juger l'ensemble d'une campagne, ni de savoir si cette tension tiendra sur la durée. Mais l'impression laissée est particulièrement encourageante, et donne envie de voir comment Infinity Ward compte faire cohabiter ces deux fils rouges jusqu'au bout.
Ce qu'il reste à prouver avant le 23 octobre
Reste que la prudence s'impose. Une mission de bêta, aussi maîtrisée soit-elle, n'est pas la campagne entière, et l'histoire du jeu vidéo regorge d'exemples où le meilleur morceau d'une démo ne représentait pas la moyenne du produit final. La question de la durée de vie, du rythme sur plusieurs heures et de la capacité du scénario à exploiter pleinement ce nouveau contexte géopolitique reste entièrement ouverte.
Les joueurs pressés d'y jouer plus tôt pourront se tourner vers l'édition Vault, qui donne accès à la campagne complète dès le 16 octobre 2026, une semaine avant la sortie générale fixée au 23 octobre sur PS5, Xbox Series, PC via Battle.net et Steam, et Nintendo Switch 2. De quoi vérifier assez vite si la promesse entrevue dans les tranchées sud-coréennes tient sur la durée.

