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Doom: The Dark Ages : le crunch de trop, puis la porte pour ce producteur

Un ancien producteur d'id Software raconte des journées à 17 heures pour boucler le DLC Revelations, avant d'être licencié la veille de sa sortie.

Illustration : Doom: The Dark Ages : le crunch de trop, puis la porte pour ce producteur

Derrière l'imagerie brute et incandescente de Doom: The Dark Ages, il y aurait eu des semaines à plus de 80 heures et des soirs entiers sacrifiés. Un ancien producteur d'id Software raconte, propos rapportés cette semaine, avoir bouclé le DLC Revelations dans un état d'épuisement qu'il dit inédit en vingt ans de carrière, avant d'être licencié le lendemain de la sortie.

Vidéo officielle

Douze à dix-sept heures par jour, pendant deux mois

Andrew Willis, qui occupait un poste de producteur chez id Software, a confié à la presse spécialisée avoir travaillé au minimum douze heures par jour durant deux mois pour finir Revelations, l'extension payante de Doom: The Dark Ages sortie le 7 juillet 2026 au prix de 19,99 dollars. Selon ce qu'il rapporte, certaines journées auraient grimpé jusqu'à dix-sept heures, et plusieurs semaines auraient dépassé les quatre-vingts heures de travail cumulées.

Ce que je retiens surtout de ces témoignages, en tant qu'observateur habitué à regarder ce que le temps et la fatigue font à un geste créatif, c'est ce décalage brutal entre la matière finale, ciselée, léchée jusqu'au moindre reflet de métal, et les corps qui l'ont produite dans l'urgence. Willis dit avoir raté des journées entières avec son fils pendant cette période, un détail qui, d'après ses mots, résume mieux que n'importe quel chiffre le prix payé.

Le pire crunch d'une carrière, selon d'autres voix

D'autres membres de l'équipe se seraient exprimés dans le même sens, toujours sous couvert de témoignages rapportés et non de communication officielle du studio. Certains, qui cumuleraient jusqu'à vingt ans d'expérience du côté d'Hollywood et une dizaine d'années supplémentaires dans le jeu vidéo, décrivent ce chantier comme le pire crunch auquel ils auraient jamais participé. Id Software n'a, à ce stade, communiqué aucun démenti ni confirmation officielle sur ces conditions de travail.

Licencié la veille de la sortie

Le 6 juillet 2026, soit un jour avant la sortie de Revelations, Microsoft avait annoncé officiellement une restructuration de sa division Xbox portant sur environ 3 200 postes supprimés d'ici l'exercice 2027, dont 1 600 suppressions immédiates ce jour-là. Id Software aurait été frappé de plein fouet, avec environ 136 personnes licenciées sur un effectif d'à peu près 185, un chiffre confirmé par la presse spécialisée qui suit ces mouvements chez Microsoft.

Andrew Willis fait partie de cette charrette. Il aurait donc été remercié le lendemain même de la sortie du contenu sur lequel il venait de s'épuiser pendant deux mois. Le lien direct entre le calendrier de cette restructuration et la date de sortie du DLC n'a été confirmé officiellement ni par Microsoft ni par id Software : rien n'indique, à ce stade, que l'un ait été planifié en fonction de l'autre, mais la proximité des deux événements a suffi à nourrir l'amertume des témoignages recueillis.

Ce que l'image ne montre jamais

Doom: The Dark Ages a construit son identité visuelle sur une esthétique de fer forgé et de lumière liturgique, une direction artistique pensée pour donner un poids presque physique à chaque coup porté. C'est un jeu qui se regarde autant qu'il se joue. Mais aucune texture, aussi soignée soit-elle, ne raconte les heures qu'il a fallu pour l'amener à ce niveau de finition, ni le moment où l'équipe qui l'a peaufinée s'est retrouvée à la porte.

Ce n'est pas la première fois que l'industrie du jeu vidéo affronte ce genre de récit, et ce témoignage vient s'ajouter à une longue liste de mises en garde sur les cadences imposées avant une sortie. Il rappelle surtout, si les faits rapportés se confirment, à quel point la valorisation d'un studio sur le papier peut coexister avec des conditions de travail que personne ne cautionnerait à voix haute.

Sources